Entrainement Minimaliste

Entrainement minimaliste (Barefoot)

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Courir minimaliste

 

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Parlez-vous minimalisme ?


Acclamé par quelques-uns, conspué par tous les autres, le minimalisme divise la communauté des runners. Pour que chacun se fasse une idée de cette pratique en conscience, le Professeur (minimaliste convaincu) s’attache à donner ici une définition de sa nouvelle pratique.

Il n’existe aucune définition universellement partagée du « running minimaliste ». La mienne va, sans doute, en faire bondir plus d’un : le running minimaliste c’est tout simplement le fait de courir « nu-pied protégé ». Un simple et prosaïque oxymore pour décrire ce que d’aucuns ont élevé au niveau d’un principe fondateur de leur (nouvelle) vie. Déçus ? Trop terre-à-terre le Professeur Minimaliste ?

Il est vrai que j’aurais pu me lancer dans un long discours philosophique sur le retour aux origines ancestrales de la course à pied et la redécouverte des liens de l’homme et de la nature, ériger le minimalisme en icône de la lutte contre les effets néfastes de la modernité. Certains tiennent ce discours, d’autres en font même leur fonds de commerce. Mais, c’est donner au minimalisme un caractère trop réducteur qui le rend élitiste et sectaire.

J’aurais pu aussi me livrer à une exégèse de la littérature scientifique comparée et mettre en exergue les avantages de la foulée dite minimaliste, notamment en matière de prévention de la blessure. Mais, dans l’état actuel de la recherche, ils se résument à ce simple constat : les forces à l’impact sont moindres lorsqu’on court sur le médio-pied que lorsqu’on court sur le talon. Certains en déduisent, à tort ou à raison, seul l’avenir nous le dira, qu’en conséquence, on ne se blesse plus en adoptant le minimalisme. Mais est-ce vrai à long terme et ai-je le droit de vous forcer à emprunter un chemin dont je ne connais pas les effets dans la durée ?

D’ailleurs, je vois à cette assertion deux défauts majeurs. Le premier est qu’il ne se base sur aucune étude statistique systématique comparée sur une vaste période temporelle. Le second est qu’il n’y a pas à proprement parler de foulée minimaliste absolue. Il y a, évidemment, une foulée plus adaptée au matériel proposé qui est la foulée sur le médio-pied. Mais, celle-ci peut-être pratiquée avec des chaussures classiques. Elle n’est donc pas indissolublement associée au minimalisme. Et je ne souhaite pas entrer dans un débat sans fin sur le sujet.

Juste pour information, je vous donne quand même le descriptif communément admis de la « bonne » foulée : sur l’avant / milieu du pied, plus courte d’un tiers par rapport à une foulée classique, une cadence plus élevée qui vise le Nombre d’Or des 180 foulées par minute, et un alignement postural parfait par rapport au centre de gravité.

J’ai donc, finalement, opté pour une définition très technique du minimalisme, matérielle même : le fameux « nu-pied protégé ». Pourquoi matérielle ? Parce que le pied est protégé par une … chaussure dite minimaliste qui ne le prive d’aucun de ses degrés de liberté et d’aucune de ses sensations. Je reçois bien l’argument – « oui mais dans ce cas, le barefoot, ce n’est pas minimaliste ? » – mais je classe à part cette pratique particulière.

La chaussure minimaliste idéale devrait donc être, dans l’absolu, une simple semelle ultrafine (quelques microns) de protection à coller sous le pied. Sauf que techniquement parlant, cette chaussure idéale n’est pas réalisable. Aussi, les produits « minimalistes » actuellement en vente ne font que s’approcher plus ou moins de ce concept purement intellectuel.

Selon moi, quatre critères font qu’une chaussure est ou n’est pas minimaliste. Le plus important c’est le drop, l’écart de hauteur de la semelle entre le talon et la pointe. Idéalement, ce drop devrait être nul, on parle de zero-drop, à l’image du pied. Dans la pratique, je considère comme minimaliste toute chaussure dont le drop est inférieur à 4 mm.

La souplesse de la semelle est un autre critère. Elle aussi doit épouser la forme et les déformations du pied, notamment au niveau de la naissance des orteils.

La souplesse est souvent corrélée à l’épaisseur qui se doit d’être la plus fine possible afin de limiter les interfaces entre le sol et le pied. Il n’est pas évident de fixer une limite supérieure. C’est plus une question de matériau, je pense. Cela dit, 6 à 8 mm me semblent un grand maximum.

Dernier critère, la largeur de la toebox, la boîte à orteils. Une foulée sur l’avant du pied entraîne un déplacement / évasement des orteils en largeur à l’impact dans un axe perpendiculaire au déplacement. Il faut donc ménager aux orteils suffisamment d’espace pour pouvoir permettre ce déplacement et non les maintenir serrés les uns contre les autres contre des parois. Cela dit, il n’est pas nécessaire de les séparer comme le fait Vibram dans ses fivefingers, il faut juste leur laisser de l’espace.

Pas convaincu ? Je vous propose une petite expérience pratique : allez courir quelques mètres pieds nus. Vous réaliserez que, naturellement, vous posez d’abord l’avant du pied et que vos orteils s’écartent à l’impact. Vous constaterez également que l’avant du pied est un amortisseur naturel bien plus efficace que plusieurs centimètres d’EVA. Essayez ensuite de reproduire cette expérience avec vos chaussures classiques … Voilà, vous venez de comprendre pourquoi ce que j’appelle du « nu-pied protégé » nécessite le matériel adapté que j’ai décrit ci-dessus.

Résumer le running minimaliste à une mesure de hauteur de semelle ou de largeur de toebox peut vous sembler quelque peu matérialiste, provocateur même et vous titiller les neurones. Si, c’est le cas, n’hésitez surtout pas à réagir dans les commentaires.

Frédéric Brossard

 

 

 

 

 

 

 

 

http://runners.fr/minimalisme/

http://www.merrell.com/FR/fr/BarefootConnection

http://www.volodalen.com/14biomecanique/biomecanique.htm

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
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